Publié le 27 Décembre 2012

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La période de Noël, dans la culture occidentale est un moment de l'année où tous les membres de la famille essaient de se réunir, où que l'on soit on essaie de revenir chez soi,  comme au nouvel an lunaire au Vietnam. Nous décorons notre maison pour qu’elle soit douillette et confortable. Nous rêvons tous d'avoir un foyer où nous nous sentons bien : alors, nous n'éprouvons pas le besoin de chercher ailleurs, nous ne poursuivons plus rien.

A la recherche de notre demeure

Dès sa naissance, Jésus Christ était un refugié sans maison. En grandissant, quand il devint  jeune homme, cette situation continua : il fut un vagabond sans véritable demeure. Dans un de ses discours  il affirma :"Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. » (Matthieu, 8 :20)

Siddhartha,  adulte, s'est trouvé dans une situation similaire. Né dans une famille royale,  riche, il pouvait avoir tout ce qu'il désirait ; il avait une belle femme, un fils très mignon et un avenir brillant devant lui. Il était destiné à devenir roi et à régner sur un grand empire ; mais il ne se sentais pas à l'aise, il ne se sentait pas chez lui.  C'est pourquoi il  dut quitter sa famille et partir à la recherche de sa véritable demeure, de la paix intérieure.


Tous deux, Jésus  et Siddhartha cherchaient leur vraie demeure. Ils voulaient trouver une demeure où ils n'auraient plus besoin de chercher quoique ce soit, où ils se sentiraient véritablement chez eux et en paix. Les occidentaux ont une expression « rien ne vaut son chez-soi"(« There is nothing like home ») exprimant le sentiment qu'il n'y a rien de mieux que de pouvoir revenir chez soi après en avoir été éloigné.  Mais pourtant nous ne nous sentons pas chez nous, même lorsque nous sommes avec notre famille, même dans notre maison parce que dans notre famille il n'y a pas suffisamment de chaleur, de paix, il n'y a pas assez d'amour.  Nous n'y sommes pas à l'aise. Nous n'y sommes  pas heureux.

Certains d'entre nous vivons dans notre pays natal et pourtant nous avons envie de partir pour aller vivre ailleurs. Nous sentons que nous n'avons pas de vraie demeure. Certaines personnes juives ressentent qu'elles n'ont pas de pays. Elles vagabondent et cherchent leur pays depuis des milliers d'années - un endroit, un morceau de terrain qu’elles puissent appeler  leur pays, et même de nos jours  ils n'ont pas encore trouvé ce pays.

Et nous les français, les anglais, les vietnamiens, les américains, nous sommes chez nous, dans notre pays, dans notre patrie mais nous ne sommes pas contents et nous avons envie d’aller ailleurs. C'est que nous n'avons pas encore trouvé notre véritable demeure, dans notre cœur. Cet hiver, même si nous achetons un sapin de Noel pour décorer notre maison cela ne signifie pas pour autant que nous ayons trouvé notre vraie demeure ou que nous nous sentions bien dans notre pays. Il doit y avoir l'amour, la chaleur et l'épanouissement pour que notre demeure soit un vrai "chez soi".

Notre véritable demeure

 Jésus Christ a finalement trouvé sa vraie demeure en son cœur. Il y a trouvé la lumière. Il a enseigné à ses disciples qu'eux aussi avaient leur propre lumière et leur a appris comment faire briller cette lumière pour que les autres puissent la voir. Bouddha Sakyamuni a enseigné que notre véritable demeure peut être trouvée dans le moment présent. Il nous a offert des pratiques très concrètes pour trouver celle-ci, nous rappelant qu' en chacun, chacune de nous il y a une île du soi, fiable, où nous sommes en sécurité et à laquelle nous pouvons  retourner pour entrer en contact avec tous nos ancêtres génétiques et spirituels, avec toutes les merveilles de la vie. Dans cette île du soi nous trouvons la paix et la plénitude.

 Siddhârta Gotama a trouvé sa vraie demeure et il voulait que chaque personne soit capable de la trouver aussi. Dans sa 80ème année, le  Bouddha sachant  que quelques mois plus tard il quitterait cette vie,  ressentit beaucoup de compassion pour ses  étudiants, pour ses amis parce que parmi eux il y en avait qui n'avaient pas encore trouvé leur vraie demeure. Si le Bouddha mourait,  c'était sûr, ils se sentiraient très seuls, très perdus. C'était pendant la retraite de trois mois de la saison des pluies, le Bouddha résidait à l'extérieur de la ville de Vaishali au nord du Gange. Durant cette retraite il tomba très malade.  L'intendant du Bouddha, le Vénérable Ananda pensa que son Maître mourrait très bientôt, et alla dans la forêt derrière un arbre pour se cacher et pleurer. Le Bouddha utilisa toute son énergie de concentration pour ralentir le processus de sa maladie et pour trouver la force de vivre quelques semaines de plus afin de pouvoir ainsi retourner dans sa ville natale, Kapilavastu, et y mourir paisiblement.

L'Île du Soi

A la fin de la retraite de la saison des pluies le Bouddha alla dans la ville de Vaishali pour rendre visite à ses disciples,  les moines, les moniales, les étudiants laïques qui pratiquaient dans leur propre sangha. Partout où il allait, il offrait un petit discours du Dharma qui durait cinq ou dix minutes. Le sujet de tous ses mini-discours était principalement centré sur le thème de la vraie demeure. Il savait bien qu'après son départ beaucoup de ses disciples se sentiraient très perdus et très seuls. Le Bouddha  leur enseigna qu'il y a un endroit de refuge en eux-mêmes et que c'était le seul endroit où ils pouvaient et devaient prendre refuge.

Nous aussi, devons prendre refuge dans cette demeure et ne  prendre refuge en personne d'autre ni en rien d'autre. Cet endroit de refuge est "l'île du soi", c'est le Dharma authentique, là où nous pouvons trouver la paix, la protection, nos ancêtres et nos racines. C'est notre véritable demeure - notre île intérieure - où se trouve la lumière du vrai Dharma. On y retourne pour avoir la lumière, la sécurité parce que cette île n'est pas emportée par les vagues de l'océan. Prendre refuge dans son île du soi, dans son île intérieure est une pratique très importante.


Nous avons une chanson au Village des Pruniers intitulée "Retourner dans notre île intérieure". Cette chanson est à propos de la pratique du refuge en  soi-même. Si nous sentons que nous ne sommes pas rentré chez nous, que nous cherchons encore notre patrie ou que nous nous sentons seul alors cette pratique est pour nous. Cette chanson peut nous aider à nous rappeler cette pratique : prendre refuge dans l'île intérieure.

La pratique, notre refuge

Vers le 4ème ou 5ème siècle lorsque ces mini-enseignements ont été traduits en chinois, les moines ont traduit l'île du soi comme "tự châu" ("tự" est soi et "châu" est île). "Chers moines, retournez à votre île du soi pour y prendre refuge et sachez comment y revenir". Ce sont les mots du Bouddha avant qu'il ne meure.

Si nous nous considérons comme les âmes sœurs du Bouddha, comme de vrais étudiants du Bouddha, et que nous suivons ses enseignements alors nous devrions suivre son conseil et trouver cette vraie demeure et ne pas la chercher dans l'espace et dans le temps. Nous devons la trouver dans notre propre cœur et là il y a tout ce dont nous avons besoin. C'est là où nous allons rencontrer tous nos ancêtres génétiques et spirituels, et entrer en contact avec nos racines, notre héritage. Nous allons y trouver la paix, la sécurité, la lumière de la sagesse. Prenons refuge dans notre île intérieure, prenons refuge dans l'île du Dharma, dans rien ni personne d'autre, y compris Thầy.

L'amour du Bouddha est immense. Il savait que beaucoup de ses étudiants allaient se sentir perdus, seuls après son départ et il leur rappelait que ce corps n'est pas quelque chose de permanent, ni d'éternel. Il leur enseignait que le plus important pour eux était de prendre refuge dans leur île intérieure. Nous savons qu'elle est toujours là pour nous. Nous n'avons pas besoin de prendre un avion, un train ou un autobus pour y aller, mais grâce à notre respiration en pleine conscience et nos pas en pleine conscience, nous pouvons y être immédiatement. Notre île intérieure est notre vrai refuge. C'est notre pratique du Dharma.
 
A Noel si vous achetez un sapin pour décorer votre maison sachez que votre vraie demeure ne se trouve pas à l'extérieur de vous mais à l'intérieur de votre cœur. Nous n'avons pas besoin de ramener quelque chose chez nous pour nous y sentir bien. Nous avons tout ce dont nous avons besoin dans notre cœur. Nous n'avons pas besoin de pratiquer de nombreuses années ou de voyager loin pour y retourner. Si nous savons comment faire, si nous savons comment utiliser l'énergie de la  pleine conscience et de la concentration alors on peut y revenir tout de suite à chacun de nos pas, à chacune de nos respirations.

Notre vraie demeure n'est pas un lieu lointain séparé par le temps et l'espace. Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons acheter.  Elle peut être présente dans le moment présent si nous savons comment faire.

Chez soi dans le moment présent
 

Il y a quelques jours, Thầy pensait au message qu'il souhaitait envoyer à ses ami(e)s et étudiant(e)s pour qu'ils puissent fait comme Jésus ou comme le Bouddha.  Thầy a écrit cette calligraphie :

"Il n'y a pas un chemin à chercher pour aller chez soi,
Notre chez-soi est le chemin. »
 
Cela signifie que  le chemin et l'outil ne sont pas deux choses séparées. "Il n'y a pas de chemin à chercher pour aller  chez soi" Notre "chez soi" est le chemin. Quand nous faisons un pas sur ce chemin alors nous nous sentons chez nous tout de suite, à ce moment précis. C'est très authentique, c'est la pratique du village des Pruniers. Il n'y a aucun chemin menant au bonheur, le bonheur est le chemin. Récemment Thay a également partagé lors d'un de ses enseignements qu'il n'y a aucun chemin menant au Nirvana, le Nirvana est le chemin. Chaque pas, chaque respiration est capable de nous ramener chez nous, dans l'ici et le maintenant. C'est la pratique fondamentale du Village des Pruniers.

C'est le message que Thầy veut envoyer à tous ses amis et étudiants durant cette saison de Noel. Si vous voulez envoyer des vœux à vos ami(e)s et bien-aimé(e)s vous pouvez envoyer ce message. Si vous pouvez le pratiquer véritablement, alors votre envoi aura une signification profonde ; mais si vous ne le pratiquez pas, alors ce message n'aura aucune valeur.
 

Réjouissons-nous de notre pratique de revenir chez soi en cette saison de fêtes. Soyons véritablement dans notre "chez soi" et devenons ainsi une maison pour nos bien-aimé(e)s et tous nos ami(e)s.

Avec confiance et amour

Thầy

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Rédigé par Chemindeveil

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Publié le 21 Novembre 2012

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Chers amis,

 

Deux nouveaux enregistrements ont été ajoutés dans la rubrique Expression libre à la musique du blog :

 

La musique des oiseaux et Quand je marche

 

Ces deux enregistrements ont été effectués lors du dernier WE de Pleine conscience à Anse. Peut être, si vous y avez participé, y reconnaitrez vous le timbre de votre voix !

 

Pour les écouter, il suffit de vous rendre sur la page Expression libre à la musique

 

Bonne écoute et bonne pratique !

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Rédigé par Chemindeveil

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Publié le 11 Novembre 2012

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Chers amis,

 

La retraite d'hiver commence.

 

Pour lire les lettres de la maison de l'inspir et pour écouter les enregistrements audios des enseignements de Thay, il faut cliquer sur le lien "La Retraite d'Hiver 2012/2013" dans la partie AGENDA du blog.

 

Bonne retraite !

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Rédigé par Chemindeveil

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Publié le 8 Novembre 2012

Chers amis,

 

Les lettres de la maison de l'inspir et les enseignements seront bientôt disponibles sur le site.

 

En attendant, voici une très belle vidéo avec la voix de Thay :

 

 

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Rédigé par Chemindeveil

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Publié le 28 Octobre 2012

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Chèrs amis,


Le Dimanche 25 novembre 2012 aura lieu la seconde journée de Pleine Conscience avec les enfants à La Chardonnière, 65 Grande Rue,  69340 Francheville (voir accès et plan ICI)


L’accueil aura lieu à 10 h , début de la pratique à 10 h 30 précise. Jusqu’à 16 h.
Comme d’habitude, repas végétariens selon ce que chacun apporte, pensez  à vos couverts et un coussin pour l’assise.


La participation est de 7 € uniquement pour les adultes (5 pour les adhérents de l’association)

Pour répondre au mieux à l’attente des enfants, merci d’inscrire dès que possible les enfants avec qui vous viendrez ce jour là en indiquant leur âge (de 3 à 15 ans) et leur prénom en envoyant un mail à françoise.hamon1@free.fr ou sur le site de Chemin d’éveil.


Nous vous rappelons que cette journée est ouverte à tous : parents, grands parents, célibataires que vous veniez avec ou sans enfant !


Nous espérons que vous serez nombreux à partager cette journée familiale de la sangha.


Françoise pour la commission « accueil des enfants »

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Rédigé par Chemindeveil

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